Présentation initiale

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Perréti, homme de théâtre avant que d’arriver au cinéma en 2013 avec Apache. Suivront une Vie Violente en 2017 et Enquête sur un scandale d'état en 2020 On tient là quelqu'un. Conviction acquise à partir d'un plan. (Celui de l'exécution.) Cinéaste qui émerge qui fait advenir quelque chose. Toujours une bonne nouvelle. En l'occurrence, la Corse, qui était aussi le lieu de son premier film. Mais c'est d'abord sa facture, sa forme, sa manière qu'il apporte. Bonne projection.

Reprise par François.

Physicalité et hermétisme du cinéma de Perreti

La forme chez Perreti (présent dans la salle), quelle est-elle ? Au début du film, appartement de Stéphane, à Paris. Plan de Perreti. Le fils est de dos, plan séquence, comme ce sera souvent le cas. Caméra à l'extérieur du café. Multiplication des éléments d'opacité. En l'occurrence, le visage du héros n'est pas montré. Pas de contrechamp. Caméra éloignée mais dialogue sonorisé (micro cravate plutôt que perche sûrement), on entend bien mais on ne comprend pas l'enjeu. Éléments d'hermétisme, qui sera présents ensuite dans sa filmographie. Rétroactivement, on comprendra.

Mais en fait, on saisit l'essentiel même sans cette scène finale. On le comprend physiquement, par leurs corps.

Deux autres scènes suivent l'exemple de cette physicalité du cinéma de Perreti

Repas de famille, sans que l'on élucide les relations. In medias res, scène d'engueulade entre Stéphane et un aîné. À propos de la mort d’un jeune homme. Encore une fois, on ne comprend rien mais les corps disent tout. Conflit générationnel, Stéphane se découvre une virilité, une agressivité, et l’aîné se retrouve à lui tourner le dos, avec l’envie de s’assoir. Conflit en radicalité. Scène initiale sur Kurt Cobain. Indice sur le psychosociotype de Stéphane. Installe le personnage dans leur force d'incarnation. Effet de tableau, non pas au sens pictural mais au sens du théâtre.

Scène du grand restaurant a Paris. Stéphane et Marc Antoine, Madame le maire, DGSE, ancien chef de cabinet de Giscard… Pleine d’acteur supposé adversaire rippaile ensemble. Bref, on ne comprend rien. Et ce n'est vraiment pas grave. On comprend surtout que Stéphane est paumé. Il cherche des repères, des lignes d’opposition. Mais on lui demandera avant tout de se détendre. Il ne sait littérallement pas où s'assoir, nié qu’il est dans son idéalisme .Car François veut a travers lui, par sa jeunesse, relancer le mouvement de libération de la Corse Mais physiquement, on ressent que c'est raté. // The Wire. Les voyous sont à Paris. Stéphane n'a aucune maîtrise de ce qui se passe. // Hou Hsiao-hsien

Scène descriptive mènent souvent à de l'événement dans ce film .

Scène matricielle, exécution de Christophe et de son filleul jouée deux fois. Une première fois, où l'on ne comprend rien mais l'on sent tout. Plan séquence. Joue beaucoup sur l'effet de sidération que cela provoque. Permet de dékitchiser la scène d'exécution froide. Débanaliser, remettre du réel. Plutôt que d'être dans de la citation. Effet de réalité du plan séquence, et en particulier du mouvement pano de la caméra. Ouvrier agricole sur les clémentines corses, puis mouvement vers les voitures et l'exécution froide. Inscription de la violence dans la vie de tous les jours. Permet de figurer l'omerta. Caméra lointaine, oblige les acteurs de se déplacer au lieu de jouer aux mafieux. L'extraordinaire est filmé comme de l’ordinaire.

Du scénaristique dans le routinier, comme dans la vie. (// assassinat de François, dont l'événement est encore plus absenté.) Quelque chose de la quiétude de la terre corse rajoute à la violence. Cette continuité est la force du film. Dépose la violence dans la vie avec beaucoup de naturel, de douceur même. Une vie doucement violente (très beau ça).

La prise en charge du convoi par Stéphane ? “Allez ! “Trouvaille de l'acteur. Facture naturaliste de cette scène. Non traitée comme un événement central. De même, son arrestation est complètement élipsée.

Scène de prison, où Stéphane se fait convertir, il est encore en bord de l'engagement. Et c'est par la musique que ça va arriver. Chant traditionnel corse joué par un camarade de cellule. Stéphane à distance, va se rapprocher. Venir en bibliothèque. Mais pas de champ contre champ à la Klapisch. Discussion mine de rien. Pour ne pas se faire repérer t cinématographiquement c'est bien plus intéressant.

Figure d'intellectuel, on ne les voit jamais au cinéma alors que ça existe. Dommage que ça n'apparaît pas. Stéphane l'est. Moins le lieu d'une radicalisation que d'une politisation. La prison est l'endroit parfait pour ça. Et la bibliothèque de la prison plus encore. Ligature de la musique amène du chant en cellule à Stéphane de retour en Corse en train d'essayer de convertir ses amis proches.